PéGé, ballades acoustiques funk

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Krystle Warren, le diable au corps

Publié le mardi 28 octobre 2008

One shot not, Manu Katché à la baguette sur Arte, samedi soir. Krystle Warren vient tout droit me réveiller l'oreille interne, et bousculer toutes les voix emmagasinées, tassées là depuis ces quelques mois sans musique ou tout comme.

Je me demandais qui pouvait être cette jeune femme à l'air doux, souriante, longtemps dans le public. La voici qui prend la scène, les projos, les spectateurs, et moi dedans l'écran, le temps de trois chansons : Emily, Sunday comfort et Third Love - cette dernière avec une pincée de guitare signée Dominic Miller, et une claque de basse dont je me souviendrai, administrée par Pino Palladino, qui n'est pas grand que par la taille.

Je l'écoute commencer peinarde, intimiste, douce toujours, mais très vite le diable fait surface, d'une note à l'autre, anime le corps, élargit la voix, trouble son monde. À l'instar de tous les grands interprètes, elle vous remue ferme l'idée que vous aviez de la musique avant elle, jusque dans les moindres recoins du corps, où se logent les meilleurs frissons du mélomane.

Alors je me dis que c'est la nuit, l'hibernation, le sevrage de musique dont je sors tout juste, et que cette nana un peu déjantée m'a simplement dérouillé d'une pichenette d'émotion.

Je suis allé vérifier. Et sur le web, pareil, la même rencontre toute en intensité, en suspense (que va-t-elle faire la seconde d'après ? et ce refrain, comment le fait-elle sien ?). Habitée, non, possédée, c'est ainsi qu'elle apparaît : une expérience saisissante, selon les mots du label Because (repris par Katché).

Toujours cette histoire de diable dans la guitare des bluesmen, me direz-vous. Faudrait voir à renouveler les mythes du rock'n'roll. Ou bien : elle est noire, elle se balade en folk de-ci, de-là, et nous attrape avec sa voix grave, toute en profondeur. À première vue, on n'est pas loin de Tracy Chapman, là. Ah, on a trouvé un repère (ça me rappelle la comparaison foireuse entre Ben Harper et Keziah Jones : ils sont noirs, ils sont beaux, il jouent de la guitare acoustique : ils font la même musique, quoi !). Bon, le cousinage de Tracy Chapman, mettons, c'est assez vrai pour les clips officiels et plutôt sages qui tournent sur Youtube (I've seen days, On That First Day Of Autumn...).

Mais en scène, elle a une espèce de sauvagerie en plus, et ça change tout. Découvrez-la avec les vidéos d'Eleanor Rigby et de Sunday comfort sur le site de Because music. Il faut la voir seule, on pige, et on risque fort d'aimer. Ses autres titres tournent sur son myspace, dans l'attente de la sortie de son album Circles. Heureux mes compères fans de Keziah Jones, vous la verrez sans doute en première partie dans les semaines qui viennent.

Moi, j'attendais exactement cela : une nouvelle rencontre musicale, un truc qui vienne bousculer mes sens et mes goûts. Me revoici les esgourdes toutes frétillantes de bonheur.

Je préviendrai ici toute erreur d'interprétation : j'aime beaucoup Tracy Chapman, dont les colères et les révoltes restent à vif même si elles nous parviennent en douceur (pour reprendre le mot de Paul Simon, lorsqu'il enregistrait Graceland en plein apartheid).

Humeur

Publié le mardi 28 octobre 2008

Une seule satisfaction en cette période de déluge financier et économique : dans les prochains mois, on cessera peut-être, en notre douce France, de dire que le chômage c'est la faute des chômeurs.

Entre guillemets

Publié le vendredi 24 octobre 2008

J'ai envie de dire, entre guillemets...

Longtemps j'ai trouvé cette expression stupide, symptomatique d'un manque de justesse dans le discours, voire d'une certaine bêtise, voui madame, refermez donc vos guillemets et vos parenthèses. Faites des digressions, des apartés, mais bon sang, pliez-là vos guillemets volants. Bah voui : entre guillemets, vous savez bien, la formule est toujours inévitablement mimée. Quatre doigts en l'air figurent de ridicules petits guillemets sauteurs.

Fatigue de ma tournure d'esprit élitiste chagrin ? Expérience des jeunes en difficulté ? Je ne sais d'où m'est venue la vision que j'en ai aujourd'hui : celle d'une heureuse contamination de la langue parlée par la langue écrite, passée jusque dans le corps. C'est vrai, c'est tellement toujours dans l'autre sens que cela se produit !

(Ce billet fait l'objet d'une publication dans une nouvelle catégorie : Saute-gribouilles. C'est que je voulais un nom de rubrique bien con, ce blog me paraissant avec le recul d'une longue absence par trop sérieux. Il fallait aussi refléter le contenu de la dite rubrique, à savoir des gribouilles qui me sautent dans la cervelle comme des puces, à lire, à gratter, ou à sauter, comme il vous plaira).