Deux façons de vous présenter Véronique Lortal. Parler d'elle en vous disant les gens qu'elle a contribué à faire briller en les accompagnant (chant, choeurs, claviers...), son CV en étoiles, quoi : Souchon, Jane Birkin, Higelin, Enzo Enzo, Marc Lavoine, Jacno, sans oublier le Grand Orchestre du Splendid au sein duquel elle a chanté... En vous disant ceux avec qui elle a travaillé, ceux qu'elle a croisé, ceux qui l'entourent : Michel-Yves Kochmann, Michel Coeuriot, Amaury Blanchard, Ilan Abou, Jean-Michel Kajdan...

Ou plutôt non, partir d'elle, revenir à elle, par le trou de souris qui est le mien, bien sûr, pas plus grand que ça, mais assez pour être ému, et donc, pour vous la dire un peu.

D'abord, elle est très belle, de cette beauté rieuse, faite de malice et de tendresse. Les yeux rient. Et puis c'est une chanteuse, mais comme on dirait en Afrique : un conteur. Elle chante pour sa tribu, ainsi qu'elle aime à dire, elle a une histoire à nous raconter, sans que je sache bien si l'histoire précède le public ou l'inverse, tant elle a grandi pour qu'il y ait des gens à qui raconter des histoires, et des histoires à raconter à des gens.

Véronique Lortal, il faudrait aussi que chanter veuille dire aussi écrire, pour comprendre la chanteuse qu'elle est. Héritage vivant de Madagascar, elle met une fête dans ses chansons - même les tristes : fête de l'autre, fête de sentir les remous de l'existence, jusqu'aux plus chagrins. Si le désert est habité, c'est de gens comme elle, assurément. C'est étonnant comme j'entends rarement ses textes de la même façon. Ils changent à chaque écoute.

Et pourtant, ce portrait n'est pas totalement honnête, je m'en excuse, car je ne l'ai pas encore vue en scène. Au fil des cours de chant qu'elle m'a donnés cette année, c'est sûr, l'artiste affleure. Pleine de son amour pour la chanson, pour le chant, qu'elle partage au sein de la Manufacture chanson. Et au fond, tout d'elle est là. Davantage qu'une interprète, elle est une merveilleuse pédagogue : avec amour, elle transmet, et fait grandir la crotte d'artiste que vous êtes. Davantage qu'une pédagogue, elle est une auteur-compositeur et une interprète qui revient à son art comme une enfant.

L'hiver dernier, j'étais assez paumé dans ma voix et dans le trou de ma guitare (vous savez, ce truc, la rosace, qui vous aspire les chanteurs à gratte de mon espèce), et j'ai comme pris de la Lortaline, un truc qui vous délivre ce qu'il faut. Je vous dis, je ne suis pas peu fier, moi, d'être un peu de sa tribu.

Discographie
Un premier album chez Polydor, Tu m'allumes, suivi d'une musique de film qu'elle interprète (par Stanley Meyers et Mort Shumann), Histoire d'O 2. Puis des singles : Le coeur qui blues (réalisation M. Coeuriot) sorti chez Polydor, La séga c’est gai, sorti chez Island et Le désert est habité (réalisation MY Kochmann) sorti chez East West. Son dernier album, Sale mec, tourne ici loin des sables, si près des autres.

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Le site de Véronique Lortal
Son Myspace
Véronique Lortal chez Mosaïc Distribution