Attention, grosse claque en vue. Jason Mraz, découvert grâce à ce billet sur le blog d'Eric Boisson, est un songwriter américain jeune, archi talentueux de sa voix, de sa gratte et de son art d'écrire des chansons.

Caméléon
Le mec a tout ingurgité le meilleur des seventies, des années 80 (allez savoir pourquoi, on dit seventies en angliche mais années 80 en français...) et des années 90. Comme le remarquait compère Antoine, c'est le premier vrai chanteur des années 2000.

Autant dire un OVNI, qui puise sa force dans un mélange ahurissant de pop, de funk, de rap, de folk, nuancé parfois de couleurs jazzy. Vous vous croyez dans une ballade sirupeuse (encore faut-il les chanter comme lui...), et voilà un pont funky qui vous chope les oreilles. Hop, morceau suivant, total funky guitares, et puis une variation pop en plein milieu.

Toutes ces musiques lui appartiennent. Chez lui, elles ne sonnent pas comme un héritage comme chez un Ben Harper ou un Lenny Kravitz (si grand soit leur talent de réinvention). Elles se fondent les unes dans les autres, elles sonnent Mraz.

Chantatator
Il faut dire que le bonhomme chante comme un démon. S'il a vendu son âme, celui-là, c'est à un gros calibre du fin fond de l'enfer, où les plus démunis des bluesmen ne doivent pas souvent s'aventurer. Justesse, feeling, swing incroyable, groove de latino et de Raggamuffin-man ensemble.
Sans compter qu'autour de lui c'est que des pointures (avec des tronches de pointures comme ça s'invente pas, visez le percu, Toca ‘Joel’ Rivera). Ne pas se fier à son air de gringalet du groove en photo. Un riff de gratte et le voilà showman, comme un rappeur estampillé NYC.

Plus live tu meurs
Je craignais que ne ce soit surproduit (la brève écoute sur son site m'avait refroidi après la vidéo live chez Eric Boisson). Genre Ocean Way, big son amerloque. Aussi me suis-je procuré son album live, Tonight, not again, enregistré à Milwaukee en 2003.

Energique, vibrant, comme cette intro de Curbside Prophet avec l'harmonica de John Popper : depuis que j'ai écouté ce solo, je ne trouve pas de tiroir assez profond pour y planquer mes harmos et y faire oublier mes petites blue note.

Ou encore ce départ de gratte funky sur Not so usual : mais pourquoi n'ai-je pas pondu ce gimmick avant lui ?!?!?! Sans parler d'Unfold : une tuerie. Tu crois que tu vas te faire bercer les oreilles par cette petite ballade folk et cette gratte acoustique inoffensive, mais voilà bientôt un énooorme solo de basse - enivrant... il te chatouille puis te chauffe le groove intérieur avant que la guitare n'éclate.

Dire que ce mec a tout juste trente piges. Le foutu fond de l'enfer, c'est de quel côté ?

Site officiel, avec le clip de ''The beauty in ugly''
Bio sur Wikipédia
Vidéo YouTube de The Remedy chez Eric'n'roll Boisson
Vidéo YouTube de ''Curbside Prophet'' chez lui aussi, ma préférée