Hallucinant mais pas vraiment étonnant : les procédures judiciaires visant de gros téléchargeurs illégaux sont en passe de tomber les unes après les autres. C'est ce que rapporte Eric Nunès dans ce papier du Monde : la SACEM et la SCPP (Société civile des producteurs phonographiques) ont fait chou blanc dans leur négociation avec la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés), pour obtenir, semble-t-il a posteriori, une autorisation pour leur collecte d'informations sur les webpirates.

Le grand répurgateur assermenté par la SACEM avait en effet fiché des P2Pistes et notamment relevé leur adresse IP pour surveiller leur activité sur le web.

Si vous ne savez pas ce qu'est une adresse IP, figurez-vous internet comme une ville : l'IP, c'est en quelque sorte votre adresse postale, la porte d'entrée de chez vous qui ouvre sur le web. Votre fournisseur d'accès internet vous attribue une adresse IP parmi celles disponibles au moment de votre connexion. En général, elle n'est donc pas fixe pour les particuliers.

Cette démarche illégale de la SACEM, pièce fondatrice des procédures judiciaires engagées, a entraîné la relaxe du flibustier Laurent Fernandez, et risque d'en entraîner d'autres...

Conclusion : pour arrêter les pirates en flagrant délit d'abordage, la SACEM a eu recours à des méthodes non moins piratesques. On se croirait dans ces films avec Al Pacino où le flic a l'air aussi brigand que les méchants :o)

Plus sérieusement, et pas parce que je suis sociétaire SACEM (soyons transparents), il me paraît important de rappeler que si ses méthodes sont plus que douteuses, sa mission est de protéger les droits des auteurs. Les auteurs aux catalogues juteux, qui rapportent un paquet de blé à la SACEM et à leurs maisons de disques, auraient sans doute pu (et dû) peser dans cette bataille pour une meilleure compréhension et un meilleur usage du web au service de la musique. Que de temps perdu...