Julien, c'est avec Pascal Garry un des magnifiques chanteurs que j'ai croisé de plus ou moins près, de toujours trop loin, qui crèvera l'écran un de ces jours, si ce n'est déjà fait, et le mur du son et de l'industrie musicale un jour ou l'autre.

Je l'ai rencontré en 1ère-Terminale. Il lisait des BD pendant les cours de philo, jouait de la gratte sur sa Takamine dans le square en face du bahut (en-dehors et pendant certains cours :o), chantait De Palmas avant les autres, à l'époque où l'album La dernière année commençait sa route. On lançait des ballades à deux ou trois voix dans les couloirs avec un autre beau camarade, Philippe Rolland.

Il y avait trois choses chez lui. La déconne. Un mélange fameux d'impulsivité, de révolte et de douceur. Et la musique, en permanence. Toujours une chanson dans la tête, dans la gorge, une nouvelle compo, une reprise, il ne s'arrêtait pas.

Le coup de foudre c'est d'abord pour sa voix : typée, chaude, pêchue, elle a gagné en rocaille depuis. Il se balade avec une voix de bronze entre douceur et intensité. C'est la première chose qui vous prend chez lui : sa voix, et son interprétation, toujours juste, très expressive : il sent une chanson d'instinct, tout de suite, il n'y a pas de temps mort quand il chante.

Il joue de la guitare - admirablement bien... - du piano aussi, il écrit, compose, arrange (orchestre) ses morceaux dans un style pop-rock, avec des mélodies qui vous trottent dans l'oreille longtemps, longtemps après.

Après le Bac, j'ai suivi son parcours de loin. Je réécoute de temps en temps une précieuse cassette (ça le ferait hurler) avec des démos enregistrées piano-voix ou guitare-voix lorsqu'il avait 17-19 ans, si je ne dis pas de bêtise. Il rejette forcément les vieilles choses, comme tout auteur-compositeur qui avance, mais cette cassette est restée pour moi un modèle et une inspiration.

Je suis allé l'écouter quelques soirs au Cambridge Tavern vers 98. Il jouait des reprises en duo à l'étage. Puis, un soir de Fête de la Musique au Leffe Montparnasse, (2001 ?), je joue avec mon groupe et il vient interpréter avec moi Talkin'bout a revolution de Tracy Chapman. Ce pied de chanter ensemble...

Je perds vaguement sa trace avant de le retrouver en juin 2004 : il est sur scène, c'est la première partie de Cartouche (allez voir Cartouche !!), il accompagne Kad sur une chanson qu'il a écrite, comme toujours, pop, à battre du pied tout de suite, et dont j'ai gardé la mélodie en tête depuis (Je n'sais faire que ça)...
Fin du spectacle, l'occasion de parler de ses galères, de ses projets, des ses bonheurs. On échange nos démos par courrier, je lance son CD - et c'est du grand Julien. Des textes mieux sentis, des mélodies aussi incisives et une voix plus posée, comme enrichie : ça marche, on n'écoute plus que ça, mais bon sang pourquoi ce mec galère-t-il encore ?? Il chante mieux que nombre d'artistes de pop-rock/variété française, je veux dire, il chante et il interprète toujours juste. Et il écrit de vrais textes ! Ses chansons sont percutantes, et en même temps nous font du bien aux oreilles, tant elles nous changent de la FM actuelle. Ah oui c'est vrai, ce n'est pas la prime au talent dans ce domaine...

Grâce à Mathilde, quelques nouvelles de lui sont parvenues sur ce blog : il a failli représenter la France à l'Eurovision et a fait des ravages à l'écran lors de la compétition entre français. Il interprète aussi le générique du dessin animé Code Lyoko, n° 27 au Hit MCM mi-juin.

Pour le voir en concert, je vous suggère de suivre l'actualité de MontparnassE, autre artiste pop-rock, que Julien accompagne (voir la section Band, où j'ai attrapé la photo de Julien sur sa Tele). Si son mail marche toujours, contactez-le en écrivant à jlam_at_noos.fr. Et si vous avez des nouvelles de lui avant moi, soyez gentils, postez-les dans le coin, partageons ce plaisir. Il faut monter un fan-club !!

J'aurais adoré illustrer ce billet avec des extraits de ses morceaux (A ma façon par exemple), mais je ne le ferai pas sans sa permission. Aussi croyez-moi, c'est que du bon.