Quoi c'est le son

... On aura 10 ou 12 titres plutôt guitare (c'est le titre du joyau de Maxime Le Forestier, double album live et véritable écrin pour ses chansons). Ces ritournelles alterneront la guitare acoustique (souvent) et la Telecaster (moins souvent). Pour le reste de la matière sonore, c'est encore le grand flou. Ambiance intime, ambiance funky people, passages de l'un à l'autre...

Une chose est sûre, père Tonio a acquis un superbe Nord Electro, d'où vont jaillir des sons d'orgues et de pianos électriques fameux. Une autre est certaine aussi, j'ai un matos de folie aujourd'hui, je suis passé de la vieille table de ping-pong à Roland-Garros (comparaison foireuse dont je suis spécialiste, vous reconnaîtrez le grand sportif caché). Bon le matos ne fait pas tout, mais comme on dirait en mauvais français : ça y compatit. Quand j'ai découvert que j'avais (quasiment) le même set de prise de voix que Björk... Bon d'accord je raffole pas de Björk, mais quand même.


Quoi ça dit

Au début je songeais qu'il n'y aurait pas de sujet directeur. C'est déjà difficile de trouver des mots, si en plus il faut trouver des idées. Mais je me suis trompé. De même que les thèmes du clown, du cirque, des saltimbanques ont traversé le premier disque, on devrait retrouver une harmonie dans les textes, autour de sujets comme :

- le trac (le prix de l'ivresse)
- les égarements solitaires (l'heure bleue)
- la trouille, cousine du trac (ma place)
- la fuite, prolongement de la trouille (baptême de l'air)
- la nostalgie des beaux absents (la vieille, mon délire)

Que des trucs très gais en somme. Quand je pense que certains ont trouvé le premier disque mélancolique... Il faudra chercher la joie ailleurs, dans les rythmes, dans la musique, un peu comme dans What's going on de Marvin Gaye - si on ne pige pas l'anglais, ça a l'air tout joyeux comme feeling.


Et la matrice dans tout ça ?

Les disques que j'écoute en ce moment, et qui alimentent cet album en accouchement sont loin des influences pop du premier : après l'immense Keziah, Sauter du nid de Fred, inlassablement, Acoustic Soul d'India Arie, Plutôt guitare de Maxime Le Forestier, Fight for your mind de Ben Harper, Sunrise over Sea de John Butler Trio ou encore What's going on de Marvin Gaye... sans compter une grappe de scuds de soul flamboyante des regrettées seventies, nouvellement dans ma besace. D'ailleurs, je devrais bientôt proposer quelques chroniques autour de ces albums mythiques dans la rubrique Goûts et Galettes.

J'espère que le cocktail sera groovy. J'aimerais que comme en anglais on ne sente pas tout de suite l'aspect triste des textes, que ce soit comme la sauce aigre-douce de mon Thaï préféré. Je souhaite aussi que les futurs concerts, qui feront la part belle à ces nouveaux morceaux, tout en intégrant des vieilles ballades comme Train de nuit, L'automne ou Faiseurs de rêve, soient l'occasion d'offrir une musique plus riche, peut-être avec un groupe élargi, au moins un bassman en plus, et qui sait, d'autres merveilles... Sax ? Choeurs ?

Plus encore que des scuds, mon influence du moment, c'est Bernard-Marie Koltès. Si je pouvais faire en chanson ce que ce mec a fait au théâtre, je serais comblé. Allez, on verra d'ici une dizaine d'albums :o)