Quand on écoute un Ben Harper peinard au coin du feu, ou qu'on déroule les riffs de John Butler, ou encore les grooves tranquilles de Tété, on se dit qu'écrire une chanson, puis deux puis trois, puis éditer des petites collections sur galettes, c'est finalement pas si compliqué que ça... Grave erreur ! C'est une galère sans nom.
En ce qui me concerne, je marche au doute. C'est un moteur puissant mais soumis à des hoquets et des soubresauts qui ne vous rendent pas toujours l'existence artistique facile. Heureusement, je commence à avoir un peu de ce que le très sympathique Orvil appelle l'expérience "tout-terrain", c'est-à-dire une masse critique de plantades, de brouillons, de cafés-concerts enchantés ou foireux qui permettent de savoir où on va.
Au bout de deux sessions d'enregistrement, j'ai bien compris que j'allais dans le mur. Me voici donc en route pour faire un disque plutôt dépouillé, tournant beaucoup autour de rythmiques pêchues pop-funk (Keziah Jones est passé par là). Surtout, j'ai remisé tous les titres, récents ou vieux, qui s'apparentaient de près ou de loin à de la variété. Et je mets bientôt le cap sur les dunes et les pins de Vendée, à l'ombre desquels j'espère trouver les quelques textes qui manquent encore à la fête.

Les concerts de l'automne seront donc l'occasion de vous proposer plein de petites ritournelles claquantes et fraîches, dans un style renouvelé. Vous pouvez déjà vous faire une petite idée avec les enregistrements réalisés sur France Culture pour Le prix de l'ivresse et Ma place.

D'ici là, bon été en muzic !